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LA FIÊVRE DU SAMEDI MATIN
2026
La Fonderie
La Fièvre du samedi matin n°155
POLYPHONIES RUPESTRES
*SAMEDI 4 AVRIL 2026 // 11h [Entrée libre et gratuite]
La Fonderie, Le Mans
L’antre de la terre est pour toujours un lieu hors du monde. Tour à tour matrice, porte de l’enfer, reflet symbolique de la réalité du monde, gouffre béant d'où sortent les voix des esprits et des dieux, lieu de célébration où les lueurs magiques dansent, exil et asile tout à la fois.
Il n'est pas surprenant que le maniérisme italien de la Renaissance se soit emparé de l'étrangeté du lieu pour le muer en un imaginaire fantasmé. Peintres, sculpteurs et musiciens créent des espaces artificiels où grouillent les êtres les plus bizarres, où la pierre et le stuc deviennent allégorie, où la musique se perd dans la plainte d'Echo.
A ce maniérisme, cette fièvre en propose un reflet sonore, mêlant musique baroque et création contemporaine pour un duo de cornets à bouquin et électronique épuré. Le cornet est l'un des instruments-rois de la Renaissance italienne et sa symbolique, liée à la voix divine du Jugement dernier ainsi qu'aux enfers, renvoie à des temps mythologiques. Le dispositif électronique, son contrepoint contemporain, a comme rôle essentiel de créer des acoustiques modulables, imaginaires.
Cette fièvre est une première étape de travail du projet Polyphonies Rupestres qui, dans sa forme définitive, donnera lieu à un spectacle prévu pour être joué dans des grottes par un trio de cornets à bouquin et électronique. Pour cette fièvre, nous avons proposé à des compositrices et compositeurs d'imaginer, par leur art, une cartographie sonore de cet autre monde. Benjamin Bédouin
Avec
Benjamin Bédouin Cornet à bouquin, conception
Pauline Nancy Cornet à bouquin, électronique
Amélie Pialoux Cornet à bouquin
Compositions de François Fontes, Bertrand Gourdy ainsi que (classe de composition du Conservatoire) : Bastien Lapeyre, Maëlys Rousseau et Maxime Rabour-Quintin
Remerciements particuliers à Mirtru Escalonamijares pour la mise au point et l'affinage des patchs informatiques
La Fonderie
La Fièvre du samedi matin n°155
Pleureuses
SAMEDI 3 JANVIER 2026 // 11h
La Fonderie, Le Mans
En collaboration avec le Conservatoire du Mans
Entrée libre et gratuite
Avec
Marcelle Caro violoncelle
Damien Jacobée composition, présentation (dans le cadre de son diplôme de composition au Conservatoire du Mans)
Il est mort ! Qui ? Peu importe, mais sa présence emplit toujours la salle, son absence laisse une drôle de sensation.
Dans sa forme finale, il est immobile, puis mû par 3 femmes sur scène. Ce sont les 3 pleureuses, dont le rôle, plutôt que de pleurer, est de mettre à nu notre relation à lui.
Le chant, la flûte à bec, le violoncelle et les percussions de nos 2 musiciennes lui donnent l’occasion de résonner pour la dernière fois.
Une comédienne endossera plusieurs rôles, nous faisant mieux connaître en creux celui qui s’impose en nous quittant.
Avant ces "obsèques", qui se dérouleront le 23 mai 2026 à la Chapelle de l’Oratoire, nous vous proposons un petit avant-goût au tout début de l'année. En compagnie d’une des musiciennes du projet et du compositeur, vous recevrez quelques clés pour percer les mystères de cette cérémonie déréglée, où la destruction du corps donne naissance au théâtre, et la décomposition du langage donne naissance à la musique. Les mélodies et les mots seront tantôt familiers, tantôt méconnaissables.
Les questions que vous aurez auront une réponse, peut-être pas la bonne, mais une réponse tout de même.
La Fonderie
La Fièvre du samedi matin n°156
PRÉLUDE AUX SEQUENZE
par le violoniste Alain Moglia
SAMEDI 7 FEVRIER 2026 // 11h
La Fonderie, Le Mans
Collaboration Les Moulins de Paillard / Ensemble Offrandes / La Pelegrina
Entrée libre et gratuite
Avec
Alain Moglia violon
Tout en s'inscrivant dans un cycle de 14 Sequenze pour différents instruments (voix, flûte,
trombone, accordéon…), le violoniste Alain Moglia nous propose un programme autour de la Sequenza n°8.
Cette pièce majeure du répertoire contemporain est un exemple parfait de tout ce que l'on peut faire à partir
de la musique baroque pour violon seul ; toute la virtuosité depuis Bach en passant par Paganini, la période romantique, est utilisée dans cette Sequenza.
Pour illustrer ou approfondir le cheminement de Luciano Berio, Alain Moglia nous permet une immersion dans le répertoire pour violon solo :
Chaconne de Jean-Sébastien Bach, Passacaille de Biber, Sonate d'Honegger puis Sequenza de Berio.
Ce programme dans son entier repose sur le principe de la passacaille, à savoir un thème ou quelques notes récurrentes servant de support à des variations.
Au cours de sa carrière, le violoniste Alain Moglia a joué dans les plus grands orchestres, tout en se distinguant par son implication dans la musique d'avant-garde.
Longtemps premier violon solo de l'Ensemble intercontemporain, il a eu notamment l'occasion de travailler directement avec Luciano Berio.
La Fonderie
La Fièvre du samedi matin n°157
PIERROT LUNAIRE d'Arnold Schönberg
Invitation à l'Ensemble Utopik
SAMEDI 7 MARS 2026 // 11h
La Fonderie, Le Mans
Entrée libre et gratuite
Avec
Ensemble Utopik
Laurent Berthomier clarinettes
Michel Bourcier direction, traduction des poèmes
Blandine Chemin violon, alto
Julie Haismann piano
François Girard violoncelle
Isabel Soccoja sprechstimme
Gilles de Talhouët flûte, piccolo, textes
Les poèmes du Pierrot Lunaire retenus par Schönberg racontent l’histoire d’un poète à la recherche de la « beauté nouvelle ».
La Lune l’attire comme une « étrange mélodie », elle est sa Muse. Mais Colombine, tout comme la foule (autrement dit le public), est indifférente.
Le Poète incompris est désespéré. La trouvaille géniale d’Albert Giraud est de faire de Pierrot, fidèle compagnon, un allié qui aide le Poète à affronter
son destin, en accomplissant pour lui de terribles et dangereuses missions. Dans son Pierrot Lunaire, Schönberg met en musique les tourments
et la quête de l’artiste moderne. Son mélodrame raconte en somme ses propres questionnements et sa destinée de compositeur.
« Car la musique est en cela admirable qu’on peut tout dire, mais en préservant ses propres secrets qu’on ne souhaite ni s’avouer, ni divulguer. » (Arnold Schönberg, Journal de Berlin, 1912)
Gilles de Talhouët, novembre 2024
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